A savoir avant de se lancer

  • Je veux avoir quelques ruches dans mon jardin mais je ne sais pas par où commencer ?
  • Quel livre lire en premier ?
  • Quelle protection acheter ?
  • Quels outils acheter ?
  • Où acheter ses fournitures ?
  • Quel stage faire ?
  • J’ai peur des piqûres, est-ce que je peux quand même être apiculteur ?
  • Où mettre mes ruches ?
  • Ai-je le droit de vendre mon miel ?
  • Comment faire pour devenir pro ?
  • J’ai peu de temps, je ne suis pas sur place est-ce que je peux quand même avoir des ruches ?
  • J’ai envie de m’acheter une ruche à Noël pour commencer
  • Quel modèle de ruche choisir ?
  • Ai-je des obligations légales ?
  • Dois-je m’assurer ?
  • Quizz – Niveau Basic
  • Quizz – Niveau intermédiaire
  • Quizz – Niveau avancé

Cette rubrique relate les questions les plus fréquentes que vous poserez lors de vos premiers pas en apiculture.

 

Je veux avoir quelques ruches dans mon jardin mais je ne sais pas par où commencer ?


 

Tout d’abord il faut toujours avoir en tête que l’apiculture est une activité fort simple et que de manière générale les abeilles peuvent dans certains cas vivre très bien sans l’intervention de l’homme. C’est un insecte sauvage que l’on ne domestique pas, tout au mieux on réussit à lui prélever un peu de miel sans trop lui porter préjudice (et sans trop se faire piquer !).

Vous verrez rapidement qu’une intervention dans une ruche se conduit au son, à l’odeur, au ressenti de l’apiculteur (et des abeilles) bref vous pouvez lire tous les livres que vous voudrez, une formation pratique est indispensable et c’est seulement après plusieurs saisons de pratique que vous commencerez à vraiment “sentir” les abeilles.

Pour débuter je vous conseille dans l’ordre :

  • de lire quelques ouvrages de référence
  • de vous équiper d’une tenue de protection (budget : 150 Euros)
  • de faire une formation pour débutant (budget : 50 à 180 Euros)
  • d’acheter 2 ou 3 ruches peuplées (prévoir 200 à 300 Euros par ruche selon état et modèle).

Si tout va bien vous devriez être capable en 1 à 2 ans de faire de 15 à 60 Kg de miel et de maintenir voire augmenter votre nombre de ruches.

Surtout n’achetez rien d’autre la première année c’est absolument inutile : pas d’extracteur ni maturateur ni autre ustensile en “eur” … qui dépense tout le budget pour rien.

 

Quel livre lire en premier ?


Chacun a ses livres fétiches, personnellement je vous recommande de commencer par “l’Apiculture pour tous de l’abbé Warré”, il donne une vision idéaliste de l’apiculture, il est démodé et très incomplet par rapport à nos problématiques actuelles mais il a le grand avantage d’être dans l’esprit de l’apiculture que j’aime et en plus il est libre de droit. Vous pouvez le télécharger ci-contre.

En premier achat il y a le Traité Rustica de l’apiculture écrit par Yves Leconte et Jean-Marie Barbançon qui donne à voir de très nombreuses images toutes plus belles les unes que les autre. Pour un débutant c’est vraiment l’idéal pour comprendre les notions de base. On le trouve dans les librairies et sur les sites de vente en ligne facilement.

Pour les intellos qui comptent aller loin et qui ont déjà les bases il y a ensuite de nombreux ouvrages relativement techniques dont mes préférés :

  • L’apiculture avec la ruche à hausses multiples, Karl Pfefferle : Selon moi la méthode à adopter pour les exploitations modernes.
  • Apiculture par Pierre Jean-Prost , Yves Le Conte : cher mais une mine d’informations.
  • Être Performant en Apiculture par Hubert Guerriat : une approche très intéressante de l’apiculture.
  • L’élevage des reines de Gilles Fert : efficace, simple et complet pour faire ses propres reines.
  • L’élevage biologique des abeilles de Charlier: avec du recul, un très très bon bouquin sur le bio

Si vous souhaitez utiliser le Web pour vous documenter, préférez les articles de fond de beekeeping.com c’est l’un des sites les plus sérieux de mon point de vue.

Bien sur il y a également l’ouvrage que j’ai écrit pour Rustica un petit rucher BIO”, les critiques semble plutôt positives et beaucoup le considère comme un bon ouvrage pour débuter.

 

Quelle protection acheter ?


Quand on travail au rucher il faut être zen, détendu et ne pas souffrir de la chaleur. Très simplement Les abeilles ça pique et il faut s’en protéger. Un dard ça fait 3 mm de long et donc ça traverse n’importe quel jean (même épais), sans compter que les abeilles s’empressent de rentrer par n’importe quel interstice sous vos vêtements. Imaginez un instant ce qui pourrait se passer si lors d’un transport de ruche vous renversiez une ruche sur vous avec 60 000 abeilles dedans. Bref tout ça pour dire que s’il y a un moment où il ne faut pas économiser c’est sur l’achat de la combinaison : je vous recommande la tenue cosmonaute :

  • combinaison Combiz pro (ça coute 80 euros mais c’est parfaitement efficace)
  • le chapeau colonial avec le voile adapté
  • les gants d’apiculteur (pas entrée de gamme)
  • et de bonnes chaussures épaisses (avant on appelait ça des brodequins, ça protège aussi des serpents qui sont souvent près des ruches)

Avec cette tenue vous pourrez travailler des heures sans aucun risque et en ne souffrant pas trop de la chaleur. Tous les débutants optent en général pour une vareuse qui s’arrête à la taille. Ils se rendent vite compte qu’ils ne sont pas protégés et qu’il fait une chaleur infernale la dessous. Bref c’est le plus mauvais choix.

 

Quels outils acheter ?


Avec 2 outils vous ferez absolument tout :

  • un bon enfumoir, choisir de préférence un modèle assez gros avec grille de protection
  • un bon lèvre-cadre qui est l’outil de base de l’apiculteur.

N’achetez rien d’autre au début, ce serait de la perte d’argent.

 

Où acheter ses fournitures ?


Bien sur il y a de nombreux fournisseurs spécialisés présents dans toutes les régions de france. Pour en avoir une première idée vous pouvez vous reporter à la liste de annonceurs présent sur le site de beekeeping.com.

Mais ces dernières années la fourniture de matériel apicole s’est largement démocratisée. Vous trouverez du matériel dans les magasins de jardinerie. N’hésitez pas, les vendeurs de ces magasins sont souvent des passionnés de nature qui vous donneront de bon conseils.

 

Quel stage faire ?


Vous pouvez vous adresser à une association d’apiculteurs. En principe, il y en a dans pratiquement tous les départements et en général elles proposent toutes des formations pour débutant. Ces formations sont souvent étalées sur plusieurs week-ends, elles sont faites par les adhérents bénévoles de l’association.

Comme d’autres collègues apiculteurs je propose également des formations sur 1 à 2 jours ciblés, dans des lieux sympathiques et cela pour un coût tout à fait raisonnable. Consultez pour cela ma rubrique stage.

 

J’ai peur des piqûres, est-ce que je peux quand même être apiculteur ?


Attention on ne rigole pas avec ça !

La peur des piqûres ne pose pas de problème, on s’habitue. Le seul risque est d’être allergique. Il faut le vérifier avant d’approcher une ruche pour la première fois. Si vous avez des doutes ne plaisantez pas avec ça, faites vous piquer mais en étant proche d’un hôpital car un choc allergique peut rapidement devenir très grave.

Le venin d’abeille contient deux types de composants, les poisons et les allergènes. Les poisons provoquent au pire des plaques et des gonflements qui durent environ 48h. En général au bout de 2 à 3 ans, on ne réagit plus à ce composant. Les allergènes eux sont plus dangereux, bien souvent on ne réagit pas au début puis avec les années on accumule et un jour on a une réaction allergique alors que l’on travaille aux abeilles depuis des années. Donc seconde recommandation : si vous travaillez seul au rucher ayez toujours un téléphone portable à portée de main, et au moindre début de malaise appelez quelqu’un.

 

Ou mettre mes ruches ?


Pour l’aspect voisinage la loi est simple : la règle est que les ruches doivent être à 10m de toute limite ou à 2m s’il existe une haie de 2m de hauteur. Dans tous les cas un carré de 100m2 est suffisant à condition qu’il soit entouré de haies. Pour 2 à 3 ruches vous pouvez mettre ça en lotissement sans problème. Ceci étant ne le faites pas sans l’accord des voisins c’est très nettement préférable. En général les gens ont très peur des abeilles et dès qu’il en voit une il croit que ça vient de chez vous. Il faut dans tous les cas interdire l’accès aux enfants et à tous les animaux qui pourraient bousculer les ruches (gros chien etc …). Pensez que lors des chaudes après-midi d’été vous aurez parfois 20 000 abeilles qui se promèneront en dehors de chaque ruche. Sans compter les essaims qui risquent de se former et de partir en effrayant tout le monde.

Pour la qualité du lieu je peux vous dire que les ruches sont très bien en ville, assez bien en moyenne montagne et moins bien en zone de grande culture et que dans tous les cas il faut éviter les emplacements humides (sous bois etc …), trop ventés ou orientés au Nord.

Si vous avez des doutes au début mettez vos ruches loin des habitations mais dans tous les cas elles doivent être accessibles avec votre véhicule (vous comprendrez pourquoi au fil des mois).

 

Ai-je le droit de vendre mon miel ?


Légalement NON, sauf si vous vous déclarez à la Mutuelle Social Agricole (MSA).

Si vous avez moins de 10 ruches ça ne vaut pas le coup car tout votre miel partira dans votre réseau d’ami et votre famille. Si vous avez entre 10 et 200 ruches en revanche vous pouvez vous déclarer. Dans ce cas la MSA vous fera payer quelques dizaines d’euros par an moyennant quoi vous aurez un numéro de SIRET et le droit de vendre officiellement et de faire des factures.

Vous serez double actif ? Et bien non car il faut 200 ruches pour prétendre au statut d’agriculteur. Vous serez ce qu’on appelle cotisant solidaire ce qui n’est pas un statut social. On peut d’ailleurs être aux ASSEDIC et avoir 199 ruches c’est parfaitement légal.

Vous payerez des impôts ? Si vous voulez faire les choses dans les règles vous devez déclarer un forfait de revenu agricole qui en général est de l’ordre de 10 euros par ruche (ça dépend des départements). Par exemple si vous avez 20 ruches vous devez déclarer en plus de vos revenus 200 euros de revenus agricoles (ça ne va pas chercher bien loin et vous serez parfaitement en règle).

Pour ceux que ça intéresse sachez que vous pouvez avoir 10 ruches et récupérer la TVA sur tous vos investissements agricoles.

 

Comment faire pour devenir pro ?


Tous les chemins sont possibles mais la voie royale est de travailler plusieurs années chez des apiculteurs professionnels puis de faire une installation agricole après un BP REA.

 

J’ai peu de temps, je ne suis pas sur place est-ce que je peux quand même avoir des ruches ?


Oui bien sûr s’occuper de 2 à 3 ruches avec des méthodes simples va vous mobiliser en général 2 à 3 jours répartis entre Mai et Juillet. Si vous n’êtes pas sur place vous risquez simplement de perdre parfois des essaims que vous auriez éventuellement pu récupérer en étant sur place.

 

J’ai envie de m’acheter une ruche à Noël pour commencer


En France les abeilles sont en hivernage d’Octobre à Février. La saison se déroule d’Avril à Août. Les apiculteurs confirmés préfèrent acheter des essaims en début de saison dans l’espoir de réaliser un profit dès la première année (soit une division, soit une production de miel). Pour ma part je préfère vendre des essaims entre Juillet et Octobre. En effet en pratiquant ainsi je laisse le temps aux reines de développer leur propre essaim. Je suis certain de leur capacité au moment de la vente. Cela permet également aux débutants de se familiariser avec les abeilles tranquillement pendant l’hiver et d’être prêt pour le printemps.

Au dela d’Octobre je considère qu’il vaut mieux éviter de les déplacer.

 

Quel modèle de ruche choisir ?


Rien qu’en France il existe environ une dizaine de modèles de ruches relativement standards dont le plus répandu est bien entendu la ruche Dadant à 10 Cadres. Pour ma part j’ai fait le choix depuis plusieurs années d’utiliser une ruche Warré parce que de mon point de vue c’est la ruche la plus adaptée aux besoins de l’abeille et de l’apiculteur. 
Vous vous ferez votre idée en parcourant les différentes sources d’information, néanmoins gardez bien en tête que si vous voulez bénéficier des conseils (toujours très avisés) des apiculteurs amateurs que vous aurez autour de vous il vaut mieux choisir la Dadant, c’est en général la seule ruche connue. Si vous faites le choix d’une ruche alternative comme la Warré il vaut mieux prévoir de s’appuyer sur des stages chez un professionnel l’utilisant.

 

Ai-je des obligations légales ?


Oui quelques unes …

La seule obligation à respecter dès que l’on possède sa première ruche est de déclarer sa ruche auprès de la DDPP ou DD(CS)PP (Direction Départementale (de la Cohésion Sociale) et de la Protection des Populations) du département. C’est dans cette administration que se cache ce que nous appelions les Services Vétérinaires, on peut les trouver facilement en cherchant sur le Web (en lien sur le site de la Préfecture ou de la DDAF de votre département). Le plus souvent ils délèguent de nombreuses tâches au GDS départemental (Groupement de Défense Sanitaire) qui dépend de la Chambre d’Agriculture. La gestion de la déclaration de ruchers fait partie de ces tâches déléguées. Pour pouvoir déclarer des ruches il faut un NAPI (numéro d’apiculteur) à demander au GDS. Si vous ne commercialisez pas de produits de la ruches il faut aussi  un NUMAGRIT à demander au GDS par la même occasion, sinon il faut demander un SIRET auprès du CFE (Centre de Formalité des Entreprises) de la chambre d’agriculture de votre département. Concrètement et simplement, vous vous connectez à http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr/demarches/particulier/effectuer-une-declaration-55/article/declarer-des-ruches?id_rubrique=55 et vous suivez le fil.  Au delà de l’aspect obligatoire, cette déclaration permet de gérer d’éventuels problèmes sanitaires, vous prévenir en cas d’alerte (maladies ou risques d’intoxication) et allouer les aides adéquates dédiées à l’apiculture. La connaissance des emplacements de ruchers est particulièrement importante en cas d’épidémie.

Suite à un récent Réglement européen, la DGAL a défini une nouvelle période de déclaration obligatoire: entre le 1er septembre et le 31 décembre à partir de l’année 2016.

La déclaration au Service des Impôts est aussi obligatoire, à l’occasion de la déclaration annuelle de revenus. Rien n’est dû avec moins de 10 ruches. Au delà, un revenu forfaitaire est fixé par ruche (une dizaine d’euros).

 

Dois-je m’assurer ?


Une fois votre numéro d’apiculteur obtenu par la DSV il est fortement conseillé de contracter une assurance qui vous couvrira essentiellement pour la responsabilité civile. Groupama propose un contrat que vous pouvez souscrire soit via votre syndicat apicole, soit directement en remplissant les formulaires disponible dans les magazines d’apiculture.

 

Quizz – Niveau Basic


 

  • Suis-je capable de dire si je suis allergique ou non ?
  • Suis-je capable d’ouvrir une ruche de tirer un cadre sans stress et sans affoler la colonie ?
  • Suis-je capable de dire si une colonie va bien en milieu de saison (juin) ?
  • Suis-je capable d’identifier sur un cadre, le miel, le couvain, les abeilles, les bourdons, la reine, le pollen ?
  • Suis-je capable d’enrucher seul un essaim sauvage ?
  • Suis-je capable d’identifier si une miellée est en cours ?
  • Suis-je capable de dire quand il est nécessaire d’ajouter ou de retirer une hausse ? Suis-je capable d’extraire mon miel ?
  • Suis-je capable de réaliser un traitement anti-varroa ?
  • Suis-je capable d’estimer si une colonie est prête à l’hivernage ?
  • Est-ce que je maîtrise les conditions de déplacement d’une ruche ? suis-capable de le faire pratiquement ?

Si vous savez répondre à toutes ces questions, vous avez déjà probablement suivi une formation ou lu quelques livres et vous avez certainement déjà suivi quelques ruches pendant une saison, vous avez les connaissances suffisantes pour démarrer sereinement un petit rucher familial.

 

Quizz – Niveau intermédiaire


 

  • Suis-je capable de décrire le cycle de vie de l’essaim, des reines, des abeilles, des bourdons et du varroa ?
  • Suis-capable de dire s’il faut nourrir une colonie à tout moment de l’année et est-ce que je sais comment faire ?
  • Suis-capable de mesurer l’infestation en varroa et de ne traiter qu’en cas de besoin ?
  • Est-ce que je maîtrise une méthode de création d’essaim à partir de mes propres ruches ?
  • Est-ce que je sais utiliser une cellule royale, une reine vierge, une reine fécondée ?
  • Suis-je capable de décrire en détail les miellées de ma région, suis-je capable d’anticiper l’influence de la météo sur la composition de mon miel ?
  • Est-ce que je sais quoi faire face à une colonie mal en point à tout moment de la saison : malade, bourdonneuse, orpheline, faible ?
  • Est-ce que je maîtrise une méthode de gestion de l’essaimage ?

Si vous savez répondre à toutes ces questions, vous avez déjà probablement exploité un rucher pendant plusieurs années, vous êtes intéressé par l’apiculture et avez déjà lu un certain nombre de livres. Vous êtes sur le bon chemin pour faire vivre un rucher de plusieurs dizaines de ruches et le développer sérieusement.

 

Quizz – Niveau avancé


 

Peut-on vraiment être confirmé un jour ? chaque saison qui passe remet bien souvent en cause beaucoup de choses que l’on croyait acquises. Il y a en tous cas milles façons, de pratiquer l’apiculture, c’est un vaste champ d’expérience où chacun peut fabriquer sa propre apiculture. Au fil des années on essaye en général d’acquérir les compétences pour :

  • produire des reines en grand nombre : (cellules, fécondation, nucléis),
  • réaliser des opérations de sélection et de reproduction dirigée
  • être capable de faire les bons choix techniques rapidement pour gérer sans hésiter des dizaines de ruches,
  • progresser sans cesse dans la compétence de ses emplacements pour les utiliser au mieux
  • être à la pointe des évolutions continuelles du sanitaire de l’abeille.

 

Bref vous l’aurez compris, si vous êtes piqué par le dard de la passion de l’abeille, vous avez trouvé une source de plaisir sans limite.